Caval : les baskets dépareillées en cuir de pomme, le « pellemela »

La startup Caval, spécialiste des chaussures dépareillées, a lancé un innovant modèle de baskets asymétriques en cuir de pomme.

Un vent de fraîcheur sur le secteur de la mode. En 2017, Achille, Benoît et Simon créent la startup Caval avec pour ambition de démocratiser les baskets dépareillées. Pari réussi pour les trois amis. Mais leur envie d’innover ne s’arrête pas là. Sensibles à la cause écologique, ils souhaitent lancer un modèle asymétrique végan. En juin 2020, Caval commercialise ses premières baskets en cuir de pomme, aussi appelé « pellemela ». Achille Gazagnes, PDG de l’entreprise, revient sur le lancement de ce produit original.

Comment vous est venue l’envie de fonder Caval ?

Benoît, qui est le directeur créatif et moi, l’actuel président, sommes à l’initiative de ce projet. Je porte des baskets dépareillées depuis tout petit, grâce au skateboard, j’ai toujours aimé ça. Il y a 6 ans, je suis rentré à HEC Paris et j’y ai rencontré Benoît. Il n’y est resté que 3 mois puis il a rejoint l’ESMOD Paris, une école de mode. Quand il était à ESMOD Paris, il a dû mener un projet de stylisme sur des baskets dépareillées. Il a créé un modèle dont je suis tombé amoureux et comme j’avais envie de me lancer dans l’entrepreneuriat, on a décidé de concrétiser le projet en créant Caval.

Comment est née l’idée des baskets en pellemela ?

Ça fait longtemps que des gens nous contactent sur Instagram en nous disant qu’ils sont intéressés par nos produits, mais qu’ils ne portent pas de cuir. Il y a un an, je me suis mis à la recherche d’un substitut à cette matière. La plupart des substituts disponibles sur le marché sont faits de simili cuir, mais au vu de notre discours tourné vers l’écologie, nous avons évincé ces alternatives.

En septembre dernier, je me suis rendu au salon Première Vision, à Paris. L’édition 2019 était consacrée aux matières innovantes. J’y ai découvert l’entreprise Frumat, qui venait de déposer son brevet pour son produit de maroquinerie composé de 30 % de déchets industriels de pomme, 30 % de coton biologique et 40 % de PU (polyuréthane) recyclé. Je suis allé à leur rencontre mais ils m’ont dit que leur produit n’était pas prêt à être utilisé pour des baskets. On l’a donc développé ensemble pendant un an et on a testé les baskets sur 20 personnes.

Comment s’est passé le lancement ?

Nous avions peur que ce type de baskets ne parle qu’aux végans mais finalement, beaucoup de gens ont suivi le lancement. On a aussi dû attendre pendant longtemps la certification de la PETA (Pour une Ethique dans le Traitement des Animaux). Mais il y a une vraie curiosité autour de cette innovation et il coûte moins cher que le vrai cuir, ce qui est un avantage majeur pour nous et donc, pour nos clients. Depuis le lancement en juin, on a de très bons chiffres de ventes.

Quelles ont été les contraintes dans le lancement de ce modèle si particulier ?

Au départ, la matière utilisée par Frumat dans son produit de maroquinerie n’était pas vraiment adaptée à la souplesse nécessaire pour le pied. La clé a été d’apporter le coton bio, après le pellemela et le polyuréthane. Les 30 % de coton biologique du côté du pied ont apporté beaucoup de souplesse sans pour autant réduire sa solidité. C’est très compliqué, parce que ce côté de la chaussure doit être à la fois souple et solide, car il est très sollicité.

Comptez-vous développer un autre type de basket végan ?

Absolument. Nous sommes à la recherche de matériaux encore plus écoresponsables que ceux que nous utilisons actuellement. Celle qui nous intéresse en ce moment, c’est le polytéréphtalate d'éthylène (PET), fait à partir de plastique des océans. On aimerait trouver un partenariat pour développer un produit avec cette matière.

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